
—————————————–
Koyré. Etudes d’histoire de la pensée scientifique. 1973.
Il n’est pas étonnant que l’aristotélicien se soit senti étonné et égaré par ce stupéfiant effort pour expliquer le réel par l’impossible – ou ce qui revient au même pour expliquer l’être réel par l’être mathématique. Le concept galiléen du mouvement (de même que celui de l’espace) nous paraît tellement naturel que nous croyons même que la loi d’inertie dérive de l’expérience et de l’observation, bien que, de toute évidence, personne n’a jamais pu observer un mouvement d’inertie pour cette simple raison qu’un tel mouvement est entièrement et absolument impossible. […] Nous ne sommes plus conscients du caractère paradoxal de sa [Galilée] décision de traiter la mécanique comme une branche des mathématiques, c’est-à-dire de substituer au monde réel de l’expérience quotidienne un monde géométrique hypostasié et d’expliquer le réel par l’impossible.
—————————————–
Aurélien Barrau. De la vérité dans les sciences. 2016.
Du point de vue pratique, il est possible de considérer que chaque nouveau modèle s’approche un peu plus d’une description idéale et que, au fur et à mesure des avancées, les différences entre les prédictions des modèles et les données expérimentales deviennent très minces. En ce sens purement technique, les modèles tendent vers la vérité. Mais du point de vue ontique – c’est-à-dire quant à la nature des êtres décrits, ce qui compte quand on pense par-delà les applications – c’est impossible ! Chaque nouveau modèle remplaçant la proposition précédente est en fait une révolution totale. Chaque nouveau modèle est absolument différent du précédent. Décrire le mouvement d’un corps céleste avec les équations d’Einstein à la place de celles de Newton est (dans la plupart des cas) une infime amélioration du point de vue de la précision qui était déjà excellente dans l’approximation newtonienne. Mais, du point de vue de la description fondamentale du monde, c’est une révision totale et absolue, pas du tout une petite modification. Chez Newton, la Terre tourne autour du Soleil parce qu’une force l’attire et lui impose cette orbite quasi-circulaire. Chez Einstein, la Terre n’est soumise à aucune force. Elle avance en ligne droite dans l’espace courbé par la présence du Soleil. Ça n’a rien à voir ! Les objets et concepts en jeu sont tout autres.
——————————
Tous les documents indiqués sont téléchargeables à l’adresse DOCS (dossier modelisations).
—————————
La modélisation est considérée comme « une activité essentielle pour l’apprentissage de la physique et de la chimie ». Voir le document :
[modelisation.pdf]

On propose ici deux dispositifs pédagogiques concernant la démarche de modélisation : en physique sur le mouvement de chute et en chimie sur la solvolyse. Des occasions aussi pour discuter du caractère provisoire des modèles scientifiques…
On pourra consulter également : Mouvement (3) – Chute ; Mouvement (1) – Vitesse ; Mouvement (2) – Plans inclinés ; Mouvement (4) – BillesCinétique (1) – Conductimétrie ; Cinétique (6) – Ordre ; Cinétique (7) – Mécanismes ; Equa-diff (1) Ordre 1 ;
Chute
[1-chute.pdf]
[histoire.pdf]
[billes-corr.xlsx]



Solvolyse
[1-solvolyse.pdf]
[reaction.pdf]
[mathematisation.pdf]
[protocole.pdf]




——————————
Tous les documents indiqués sont téléchargeables à l’adresse DOCS (dossier modelisations).
