Enseigner

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Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche . Rapport à monsieur le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, madame la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Avril 2023.

Extrait

Les trois dimensions de la formation à la démarche scientifique

Pour préciser ses analyses de la formation à la démarche scientifique dans les différents enseignements, la mission s’appuie sur une distinction introduite par l’OCDE dans le cadre de l’enquête internationale PISA 201512 entre trois catégories de connaissances :

– les connaissances de contenuconcernent les notions, les théories, les faits relevant de disciplines scientifiques particulières ;

– les connaissances procédurales sont « les connaissances relatives aux concepts et procédures essentiels à la démarche scientifique qui sous-tend la collecte, l’analyse et l’interprétation de données scientifiques ». Elles concernent les aspects méthodologiques des démarches scientifiques ;

– les connaissances épistémiques concernent la compréhension de la nature et de l’origine des connaissances scientifiques.

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Physique-chimie, enseignement de spécialité, classe terminale, voie générale.

Extrait

Dès qu’elle est possible, une mise en perspective des savoirs avec l’histoire des sciences et l’actualité scientifique est fortement recommandée. En particulier, les limites des modèles étudiés en classe peuvent être abordées, ce qui peut offrir l’occasion d’évoquer des théories plus récentes, comme la physique quantique ou la relativité, que les élèves pourront être amenés à approfondir dans le cadre de leurs études supérieures.

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Étienne Klein : « L’enseignement, c’est du corps à corps » .   Isabelle Dautresme. 2015. Extrait.

L’avenir appartient aux pédagogues. S’ils renonçaient, les publicitaires et les gourous seraient les seuls à tenir le manche de nos esprits.

Êtes-vous optimiste sur l’avenir du système éducatif ?

Je suis ardemment combatif et ne me pose donc pas cette question. Au XXe siècle, les physiciens ont fait des découvertes déroutantes, presque fabuleuses, que j’essaie de transmettre au plus grand nombre de personnes possible, et d’une façon qui soit intellectuellement honnête. Je sais bien qu’on parle aujourd’hui d’une « désaffection pour les sciences ». Mais, rien ne prouve que la baisse des vocations scientifiques soit le résultat d’un désamour profond des jeunes vis-à-vis de la science. Il est après tout possible qu’ils continuent de la juger belle et admirable tout en considérant qu’elle est devenue trop difficile. On peut aussi concevoir que la science ne les « touche » plus : non pas au sens où elle leur serait indifférente, mais parce que, noyée, enfouie sous le flot du reste, elle ne parviendrait même plus à entrer en contact avec eux, à les atteindre. Je persiste à penser que l’avenir appartient aux pédagogues. S’ils renonçaient, les publicitaires et les gourous seraient les seuls à tenir le manche de nos esprits.

Comment, alors, redonner goût aux sciences ?

Dans un texte célèbre, « Avenir de la science », Nietzsche prophétisait que nous délaisserions la science à mesure qu’elle nous donnerait moins de plaisir. C’était bien vu. Donner le goût des sciences passe d’abord par donner du goût aux sciences, les ré-érotiser. Pour atteindre ce but, certains plaident pour plus d’histoire des sciences dans les cursus. L’intention est louable, mais difficile à mettre en œuvre. Je suggère autre chose : qu’une fois l’an, depuis les classes primaires jusqu’au lycée (mais aussi dans les grandes écoles commerciales ou administratives qui forment nos élites !), l’un des professeurs raconte aux élèves une « histoire de science » de son choix, par exemple celle d’une découverte célèbre qu’il aura pris le temps d’étudier en détail : comment a-t-on compris que la terre est ronde ? Comment a-t-on obtenu la preuve de l’existence des atomes ? Le professeur devra expliquer comment les arguments se sont combattus, ce qui a fait que certains ont fini par convaincre… Cette démarche montrerait par des exemples concrets comment les démarches des scientifiques se construisent et produisent parfois de véritables chocs pour la pensée… Or, pour la pensée, qu’y a-t-il de plus pédagogique qu’un choc ?

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Alter-pseudo-anti

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Bertrand Russel. Is There a God? 1952.

Karl Popper. La société ouverte et ses ennemis. 1945.

Karl Popper. Conjectures and Refutations: The Growth of Scientific Knowledge. 1963.

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Henri Broch. La zététique ou l’art du doute. 2019.

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Isaac Asimov

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Pérovskite

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Roche de pérovskite dans le massif de l’Oural, en Russie. G. COOK/VISUAL UNLIMITED/CORBIS

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Documents disponibles :

Issus des IAs

(Gemini, très long, ne semble pas exploitable dans ce cadre)

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Vitamine A

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Pour comparer (ChatGpT, Claude, Yiaho)

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Banque de réactions

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Verdir la chimie à la source

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Documents :

Et aussi :

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Minéral – Organique

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On remarquera que le vitalisme a connu un renouveau en philosophie, notamment avec Bergson et Canguillem. On le rencontre bien sûr en abondance sur le web, en accompagnement des propositions de « vie saine et naturelle » (voir dernier texte ci-dessus)…

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Cristal liquide

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Documents complémentaires

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Pratique scientifique

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Gaston Bachelard. Le nouvel esprit scientifique. 1934.

Déjà l’observation a besoin d’un corps de précautions qui conduisent à réfléchir avant de regarder, qui réforment du moins la première vision, de sorte que ce n’est jamais la première observation qui est la bonne. L’observation scientifique est toujours une observation polémique ; elle confirme ou infirme une thèse antérieure, un schéma préalable, un plan d’observation ; elle montre en démontrant ; elle hiérarchise les apparences ; elle transcende l’immédiat ; elle reconstruit le réel après avoir reconstruit ses schémas. Naturellement, dès qu’on passe de l’observation à l’expérimentation, le caractère polémique de la connaissance devient plus net encore. Alors il faut que le phénomène soit trié, filtré, épuré, coulé dans le moule des instruments, produit sur le plan des instruments. Or les instruments ne sont que des théories matérialisées. Il en sort des phénomènes qui portent de toutes parts la marque théorique.

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Henri Poincaré. La Science et l’Hypothèse. 1902.

Rôle de l’expérience et de la généralisation. L’expérience est la source unique de la vérité : elle seule peut nous apprendre quelque chose de nouveau ; elle seule peut nous donner la certitude. Voilà deux points que nul ne peut contester. Mais alors si l’expérience est tout, quelle place restera-t-il pour la physique mathématique ? Qu’est-ce que la physique expérimentale a à faire d’un tel auxiliaire qui semble inutile et peut-être même dangereux ? Et pourtant la physique mathématique existe ; elle a rendu des services indéniables ; il y a là un fait qu’il est nécessaire d’expliquer. C’est qu’il ne suffit pas d’observer, il faut se servir de ses observations, et pour cela il faut généraliser.

Rôle de l’hypothèse. Toute généralisation est une hypothèse ; l’hypothèse a donc un rôle nécessaire que personne n’a jamais contesté. Seulement elle doit toujours être, le plus tôt possible et le plus souvent possible, soumise à la vérification. Il va sans dire que, si elle ne supporte pas cette épreuve, on doit l’abandonner sans arrière-pensée.

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Albert Einstein, Leopold Infeld. L’Evolution des idées en physique. 1936.

Dans l’effort que nous faisons pour comprendre le monde, nous ressemblons quelque peu à l’homme qui essaie de comprendre le mécanisme d’une montre fermée. Il voit le cadran et les aiguilles en mouvement, il entend le tic-tac, mais il n’a aucun moyen d’ouvrir le boîtier. S’il est  ingénieux il pourra se former quelque image du mécanisme, qu’il rendra responsable de tout ce qu’il observe, mais il ne sera jamais sûr que son image soit la seule capable d’expliquer ses observations. Il ne sera jamais en état de comparer son image avec le mécanisme réel, et il ne peut même pas se représenter la possibilité ou la signification d’une telle comparaison

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Et des citations d’auteurs

par exemple :

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Aurélien Barrau

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11 oct. 2017. Rencontre animée par Cléo Schweyer, journaliste scientifique et chargée de médiation scientifique à l’Université Lyon 1, se déroulant à la bibliothèque municipale de Lyon.

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[…]

Il y a une raison simple pour laquelle la science peut légitimement jouir d’un certain respect dans notre société. Je dis bien respect et non pas primat : les arts et la littérature devraient, à mon sens, être intensément réhabilités, en particulier à l’école où ils pourraient jouer un rôle essentiel qui leur est hélas aujourd’hui confisqué. Toute velléité hégémonique de la démarche scientifique est à proscrire. Mais la raison qui confère donc, je crois, une sorte de respectabilité méritée aux gestes scientifiques, tient à ce qu’ils s’articulent à une pensée authentiquement dynamique. Tout est toujours sujet au doute. Tout peut être remis en cause et, dirais-je, tout doit l’être. Rien n’est acquis. Rien n’est sacré. Rien n’est intouchable. Aucun dogmatisme sévère n’y est toléré. En tout cas, aucun ne résiste à la pression de la découverte et du renouveau. La science (et elle ne s’oppose d’ailleurs en rien à l’art sur ce point) est comme intrinsèquement fragile.

Une équipe de physiciens du CERN a annoncé il y a quelques années la détection de neutrinos se propageant plus vite que la lumière (l’article publié était, il faut le noter, infiniment plus prudent que ce que les médias télévisés en ont relayé). Deux ou trois mois seulement après cet événement – au sens médiatique autant que scientifique car il est rare qu’une avancée scientifique soit relayée au journal de 20 heures ! – ils annonçaient une erreur dans les mesures. Voilà peut-être ce qui caractérise la science : il est possible de dire, et de dire la tête haute, « je me suis trompé ». Qui a déjà vu un politicien, un théologien ou un financier proclamer, après avoir bénéficié des feux de la rampe, « je me suis trompé » ? Un scientifique peut non seulement sans honte reconnaître son erreur, mais cela fait même partie de ce qui fonde la scientificité de son approche. La certitude, en science, n’existe pas.

[…]

Il faut ici faire une remarque essentielle. Du point de vue pratique, il est possible de considérer que chaque nouveau modèle s’approche un peu plus d’une description idéale et que, au fur et à mesure des avancées, les différences entre les prédictions des modèles et les données expérimentales deviennent très minces. En ce sens purement technique, les modèles tendent vers la vérité. Mais du point de vue ontique – c’est-à-dire quant à la nature des êtres décrits, ce qui compte quand on pense par-delà les applications – c’est impossible ! Chaque nouveau modèle remplaçant la proposition précédente est en fait une révolution totale. Chaque nouveau modèle est absolument différent du précédent. Décrire le mouvement d’un corps céleste avec les équations d’Einstein à la place de celles de Newton est (dans la plupart des cas) une infime amélioration du point de vue de la précision qui était déjà excellente dans l’approximation newtonienne. Mais, du point de vue de la description fondamentale du monde, c’est une révision totale et absolue, pas du tout une petite modification. Chez Newton, la Terre tourne autour du Soleil parce qu’une force l’attire et lui impose cette orbite quasi-circulaire. Chez Einstein, la Terre n’est soumise à aucune force. Elle avance en ligne droite dans l’espace courbé par la présence du Soleil. Ça n’a rien à voir ! Les objets et concepts en jeu sont tout autres. De même quand on passe d’une particule ponctuelle classique à un objet – disons une fonction d’onde – quantique. Il est par conséquent très délicat d’imaginer qu’il soit possible de se rapprocher d’une vérité ultime puisque toute révolution scientifique – et, naturellement, une nouvelle est toujours à venir – s’accompagne d’une redéfinition totale du réel. Toute nouvelle image du monde est, pourrions-nous dire, arbitrairement éloignée de celle qu’elle supplante. Comment pourrait-on donc se « rapprocher » du vrai alors même que chaque rupture entraîne une vision infiniment distante de la précédente et tout aussi infiniment distante de la suivante ? Les prédictions sont évidemment de plus en plus précises et adéquates, mais il me semble tout à fait dénué de sens de considérer que le contenu conceptuel de la théorie converge vers la vérité puisque chaque changement de paradigme effondre entièrement la vision précédente, idée qui fait écho à quelques aspects de la philosophie de Thomas Kuhn, épistémologue américain du XXe siècle. Cette simple remarque effrite toute velléité à considérer sérieusement que la science est intrinsèquement vraie.

[…]

Banane

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